Troubles de l'audition

       Anatomiquement, l’oreille se définie comme l’organe de l’audition qui se divise en 3 parties décrites de l’extérieur vers l’intérieur du crâne respectivement : oreille externeoreille moyenne et oreille interne.

        Chaque compartiment de l’oreille (externe, moyenne et interne) peut être responsable d’une perte de l’audition et selon le compartiment atteint, la surdité peut être de différent type :

       Le niveau de la surdité est défini selon l’intensité de perte auditive mesurée lors des tests auditifs. Cette intensité de perte est exprimée en décibels (dB). Plus l’intensité sonore pour entendre est élevée, plus la surdité est importante.
L’audition est considérée normale entre 0 et 20 dB d’intensité moyenne sur les fréquences 500, 1000 et 2000 Hz.

  • Entre 20 et 40 dB nous parlons de surdité légère.

  • Entre 40 et 70 dB de surdité moyenne.

  • Entre 70 et 90 dB de surdité sévère.

  • Entre 90 et 120 dB de surdité profonde.

  • En cas d’absence de perception sonore, la surdité est dite totale, on parle alors de cophose.

Surdité de l’oreille externe

  • Bouchon de cérumen : obstruction du conduit causée le plus souvent par l’utilisation abusive de coton tige qui entasse le cérumen en profondeur contre le tympan.

  • Ostéome du conduit auditif externe : hypertrophie osseuse dans le conduit auditif externe, non tumorale, la surdité est progressivement croissante avec la croissance des ostéomes qui peuvent à terme fermés le conduit. Souvent associé aux patients ayant une activité aquatique régulière (ex : plongeur, surfeur ...).

  • Otite externe : Inflammation très douloureuse de la peau du conduit causée par une infection par eau sale en période estivale.

  • Corps étranger : principalement chez l’enfant de 2 à 4 ans mais peut arriver à tout âge. risque d’infection et de traumatisme du tympan.

  • Fracture de l’os tympanal : suite à une traumatisme crânien sur l’os temporal ou à un traumatisme facial sur le menton avec fracture des articulations temporo-mandibulaires associées.

  • Tumeur du conduit auditif externe : carcinome épidermoïde à éliminer devant toute lésion du conduit évoluant depuis plusieurs mois, douloureuse et s’infectant régulièrement ou devant toute otite externe chronique.

Surdité de l’oreille moyenne

  • Perforation tympanique : Le plus souvent suite à un traumatisme (ex : gifle, corps étranger) ou suite à une otite infectieuse.

  • Otite séreuse : Il n’y a pas de contexte infectieux. Une hypertrophie des végétations, un contexte allergique, un reflux gastro-oesophagien et un tabagisme passif sont a rechercher en cas de chronicisation.

  • Otite moyenne aiguë : A terme, le tympan peut s’ouvrir laissant apparaître un liquide purulent dans le conduit auditif externe appelé otorrhée. Le contexte est dans ce cas évident. L’évolution peut se faire vers une mastoïdite avec décollement du pavillon de l’oreille et bombement en arrière de l’oreille, nécessitant une prise en charge médicale voire chirurgicale en urgence.

  • Poche de rétraction

  • Cholestéatome (cf article)

  • Otospongiose exceptionnel chez l’enfant

  • Autres atteintes de la chaîne ossiculaire : la chaîne ossiculaire peut subir des traumatisme avec fracture ou dislocation des ses osselets. il peut aussi exister des malformations ou une fixation anormale des osselets responsables d’une surdité de transmission pure à tympan normal.

  • Tumeur de l’oreille moyenne : glomus, neurinome du nerf facial, ... .

Surdité de l’oreille interne

  • Labyrinthite aigue inflammatoire ou infectieuse : L’association d’une surdité neurosensorielle brutale, avec des acouphènes, des vertiges et de la fièvre doit faire suspecter ce diagnostic qui nécessite un traitement médical en urgence.

  • Traumatisme sonore : Elle peut être responsable de lésions irrémédiables des cellules sensorielles de l’organe de l’audition. En générale, la surdité neurosensorielle intéresse la bande fréquentielle du son responsable du traumatisme sonore. Sur l’audiométrie tonale, la courbe osseuse aura une encoche sur la fréquence du son responsable du traumatisme.

  • Fistule périlymphatique : De diagnostic difficile, le seul traitement envisageable est l’exploration chirurgicale de la caisse du tympan pour confirmer la fistule membraneuse et pratiquer le comblement chirurgical de ces membranes.

  • Surdité brusque : Elle correspond à une urgence sensorielle thérapeutique tout d’abord médicale par des traitements à base de corticoïdes et de vaso-dilatateurs. En cas d’échec du traitement médical en urgence, se discute alors les techniques, d’hémodilution, d’oxygénothérapie hyperbare et d’injection trans-tympaniques de corticoïdes.

  • Surdité médicamenteuse : Ototoxicité principalement due à des aminosides au long court et les glycopeptides. D’autres médicaments tels que la quinine, certains diurétiques et certaines chimiothérapies peuvent être responsable d’ototoxicité.

  • Surdité tumorale : neurinome de l’acoustique, méningiome, cholestéatome intra-labyrinthique...

  • Presbyacousie : Elle se présente comme une surdité neurosensorielle bilatérale, progressive, symétrique en pente de ski avec diminution de la compréhension du langage dans le bruit. Lorsque celle-ci est responsable d’un isolement social ou professionnel, un appareillage auditif externe est préconisé devant l’absence d’autres causes retrouvées.

  • Surdité congénitale : Type de surdité de perception la plus fréquente chez l’enfant.